Tout sur le bouledogue

Une journée dense de conférences pour vétérinaires et ASV le 2 octobre à Arras sur le thème « Pourquoi ai-je pris un bouledogue ? » organisée par l’AFVAC Nord

https://afvac.com/les-formations/mais-pourquoi-avoir-pris-un-bouledogue

Urticaire et Angiœdème

Des poussées d’urticaire sont plus souvent rapportées chez les chiens souffrant de DAC que chez les animaux présentant d’autres causes de prurit. C’est même un critère mineur de diagnostic de la DAC, notamment chez le boxer.

Les lésions sont des éruptions soudaines de larges papules érythémateuses sur tout le corps ou d’œdème de la face (photo).Diapositive1

Les causes de ces poussées d’urticaire sont rarement identifiées. Dans les deux seules études consacrées à ce sujet, les trois causes identifiées sont des prises d’aliments, des piqûres d’insectes ou des réactions vaccinales. Dans un tiers des cas, aucune cause n’est identifiée. Le traitement fait appel aux antihistaminiques.

 

Rostaher, A., et al. (2016). « Triggers, risk factors and clinico-pathological features of urticaria in dogs – a prospective observational study of 24 cases. » Vet Dermatol. in press

 

 

 

 

 

Solbak, S. and M. Innera (2014). A retrospective study on the prevalence, triggering factors, clinical signs and treatment of canine urticaria and angioedema presenting to an emergency clinic in Norway. 27th Annual Congress of the ECVD-ESVD, Salzburg.

 

Web conférences de Dermatologie

Retrouvez sur Wizzvet les web conférences du Dr Pascal Prélaud : http://www.wizzvet.com/fr/

  • Dermatologie raciale en replay : shar peï, boxer, carlin, bouledogue français…
  • Thérapeutique dermatologique (saison 2016-2017), réservez vos dates :
    1. Pentoxyfilline et inhibiteurs de phosphodiestérases : vascularites et plus encore – 8 septembre 13h00
    2. Ciclosporine, cette malaimée – 6 octobre 13h00
    3. Oclacitinib, une révolution et ses limites – 3 novembre 13h00
    4. Doxycycline, l’oubliée de la dermatologie – 1er décembre 13h00

Profitez de la fin de l’été, à très bientôt

L’équipe Advetia

Guide d’Alimentation Assistée du Cochon d’Inde

Par Lydie Nguyen, propriétaire affectionnée de Moumoune et de Spiky

Votre cochon d’inde est malade et ne s’alimente plus ou pas assez par lui même.

Le vétérinaire a prescrit une alimentation assistée à la maison et vous ne savez pas comment procéder. Ce guide est fait pour vous.

Qu’est ce que l’alimentation assistée ?

Appelée aussi communément « gavage », l’alimentation assistée consiste à nourrir l’animal avec une pâte à base de poudre très nutritive, spécifiquement adaptée à ses besoins (Critical care, Emeraid, Recovery,…) pendant une période critique jusqu’à ce qu’il retrouve son appétit et la capacité de s’alimenter de façon autonome. Parfois l’animal acceptera volontiers de manger la pâte sur une cuillère ou dans sa gamelle mais plus souvent, il faudra lui donner à manger avec une pipette ou une seringue, et s’il refuse il faudra le forcer. Si votre cochon d’inde ne boit pas de lui même, il faudra aussi lui donner à boire régulièrement pour éviter qu’il ne se déshydrate.

L’alimentation assistée est un peu éprouvante pour le cochon d’inde et son maître et nécessite de l’énergie, du calme et de la persévérance, mais elle est absolument vitale. L’animal récalcitrant au départ va en prendre l’habitude peu à peu.

Gardez à l’esprit que ce n’est pas parce que votre animal refuse de s’alimenter, ou ne semble pas avoir d’appétit qu’il n’a plus envie de vivre. Il est seulement trop faible, ou ressent des douleurs dues à son état de santé ou aux suites opératoires.

Après avoir été nourri, il arrive couramment que l’animal essaie de remanger par lui-même, et semble avoir regagné de l’appétit. Il faudra qu’il ait toujours à sa disposition ses légumes coupés en petit morceaux, et ses granulés (humidifiés, ça aide) et lui présenter des herbes aromatiques ou ses légumes préférés entre les seringues pour le stimuler.

Le but de l’alimentation assistée est d’amener progressivement l’animal à remanger seul :

Dès qu’il recommence à manger un peu seul, il faut le stimuler pour qu’il continue.

Observez bien votre cochon d’inde lorsqu’il a faim : montre t’il des signes d’intérêt vers ses légumes? Si oui, l’encourager à manger seul en coupant ses légumes en petits morceaux. S’il recommence à manger, vérifier qu’il remange suffisamment (en le pesant) avant de cesser complètement de lui donner l‘aliment de convalescence.

S’organiser

Avant chaque séance se laver les mains.

Après chaque séance laver le matériel à l’eau chaude et garder les seringues dans un récipient propre, et nettoyer le plan de travail pour la prochaine séance.

L’espace de travail :

Comme l’alimentation assistée est un peu délicate surtout les premières fois, il faut l’organiser . Prévoir un coin dédié pour les séances avec tout le matériel à disposition autour de vous. Si c’est une table haute et que vous êtes seul lors de la séance, tout ce dont vous avez besoin doit être disposé autour de vous, à portée de main.

Eviter les toiles cirées sur le plan de travail, glissantes et inconfortables pour l’animal. Prévoir plutôt une serviette éponge pour bien caler votre cochon d’inde.

Le matériel nécessaire :

  • Une balance de cuisine avec si nécessaire un plat à bords hauts ou une barquette alimentaire de récup pour peser votre animal et le maintenir en place.
  • un carnet /stylo Noter dans le carnet le poids initial. Peser à la même heure 1 à 2 fois par jour permet de s’assurer que l’animal se maintient et que la prise alimentaire est suffisante. Conserver ce carnet jusqu’au rétablissement de votre animal afin de suivre sa courbe de poids.
  • Une poudre de convalescence (Critical Care, Emeraid, Recovery..)
  • Un petit bol pour préparer la pâte de convalescence
  • Une tasse d’eau chaude pour rincer la seringue si besoin
  • De l’eau à la température indiquée par le fabricant ou de la tisane de foin avec une seringue réservée (voir plus bas la recette de la tisane de foin)
  • Des seringues sans aiguilles de 1ml ou une seringue de gavage.

Pour débuter, les seringues de 1 ml sont plus faciles à utiliser car elles rentrent facilement dans la bouche du cochon d’inde.

  • Un torchon ou des essuie-tout pour éponger le menton de votre animal
  • De quoi vous rincer ou vous essuyer les mains car nourrir à la seringue s’avère salissant surtout au début quand l’animal est récalcitrant.
  • Un tablier ou une blouse
  • Votre playlist préférée pour faciliter la séance J

Quand 

Le plus souvent reste le mieux (l’idéal étant toutes les 2h environ).

Si cela n’est pas possible, répartir sur la journée la quantité préconisée par le vétérinaire en 4 ou 5 petites séances par jour au minimum :

par exemple : 8h00,12H00, 18h00, 23h. Présenter aussi pendant les séances des herbes aromatiques ou les légumes préférés du cochon d’inde pour qu’il essaye de manger. Prévoir un repas en cours de nuit pour les cochons d’inde très faibles est nécessaire.

Préparation 

  • Critical Care : Mélanger 1 cuillère à café de poudre pour 3 cuillerées à café d’eau tiède (environ 30 ° C).
  • Emeraid : Mélanger 1 cuillère à café de poudre pour 1 cuillère à café d’eau chaude (environ 50 ° C recommandés par le fabricant). Il faut attendre ensuite bien sûr que la température du mélange devienne tiède avant de l’administrer J…
  • Recovery : 1 sachet (20 g) pour 90 ml d’eau tiède

Pour info : 1 cuillère à café de critical care: 5 g = environ 15 ml de pâte de critical care

Le mélange ne se conserve que quelques heures à température ambiante (environ 4h)

Mieux vaut préparer la pâte de convalescence en petite quantité à chaque séance.

Prévoir un peu plus que la quantité requise à vos débuts à cause des éclaboussures si le cochon d’inde ne se laisse pas faire, et parce qu’il en restera toujours dans la seringue.

A chaque séance donner au moins 10 à 15 ml de pâte, en fonction de l’animal.

Bien noter la quantité donnée à chaque séance. Dans le doute, peser votre animal.

Un cochon d’inde très affaibli prendra rarement plus de 4 ou 5 ml à la fois et il faudra donc plus de séances pour le nourrir. D’autres peuvent prendre 15 ml en une seule séance. Tout dépend de votre animal. A la fin ou au début du repas, vous pouvez proposer de la compote de fruits sans sucres ajoutés ou de la banane écrasée. Pensez également à alterner pipettes d’eau et pipettes de nourriture, en particulier si votre cobaye a du mal à accepter le gavage.

Astuces pour utiliser les seringues

La seringue de 1ml reste le format le plus pratique à insérer dans la bouche du cochon d’inde, mais l’extrémité étant trop fine pour laisser passer la pâte, il se forme souvent des bouchons. Il est donc plus pratique de couper l’extrémité fine de la seringue avec un couteau pour obtenir une pipette droite. Il faudra ensuite bloquer le caoutchouc noir du piston qui, à l’usage, pourrait partir facilement dans la bouche de l’animal :

Deux astuces possibles pour bloquer le caoutchouc du piston :

  • On bloque le piston en position basse maximum avec un élastique.
  • On chauffe l’embout coupé de la pipette avec un briquet et on recourbe le plastique vers l’intérieur avec les doigts.

Bien vérifier que l’embout est arrondi pour qu’il ne blesse pas les lèvres du cochon d’inde. Si non, poncer légèrement.

Comment charger les seringues :

  • Les plonger directement dans le bol de pâte et aspirer : dans ce cas il faut en faire suffisamment ou prévoir un récipient de petit diamètre.
  • Avec une seringue de gavage remplie à la spatule, emboitée dans la seringue 1ml.
  • Si vous n’avez pas de seringue de gavage, vous pouvez utiliser une seringue de 15 ou 20 ml coupée, et insérer une paille en trouant le caoutchouc du piston

Comment procéder ?

Prenez votre temps 

Insérer la seringue derrière les incisives du cochon d’inde, en changeant de coté régulièrement. Assurez vous de donner très lentement et de laisser l’animal avaler tranquillement chaque bouchée. Surveiller que l’écoulement est bien régulier et si la pâte ne s’écoule pas trop vite ou trop brusquement, ce qui pourrait entraîner une fausse route.

Enlever le caoutchouc du piston si nécessaire pour assurer un écoulement régulier.

1 seringue de 1ml pourra être donnée en trois fois par exemple.

Caler le rythme des seringues sur celui de l’animal. Vérifier que le cochon d’inde avale tranquillement (lorsqu’il mâche il est encore en train d’avaler).

Comme la pâte de convalescence est très pâteuse, le cochon d’inde pourra avoir du mal à l’avaler et aura soif: préparer de la tisane de foin avec sa seringue attitrée et la garder à proximité. En proposer de petites quantités régulièrement. (ubi infra recette de la tisane de foin)

Après la séance, bien nettoyer la région labiale et mentonnière du cochon d’inde.

Les positions 

Plusieurs possibilités s’offrent à vous, choisissez celle qui vous convient le mieux :

Debout , avec l’animal posé près de vous sur une table :

Dans ce cas, assurez vous de tenir l’animal fermement, faites vous aider, ou enrouler l’animal dans une serviette en laissant juste émerger la tête.

Coba

Pas de plan glissant, et assurez vous d’avoir tout à portée de mains si vous êtes seul car l’animal ne devra pas rester sans surveillance sur un plan haut, si il vous manque quelque chose.

Assis sur un canapé, un lit, une chaise avec le cochon d’inde sur les genoux :

Tenir l’animal le dos contre vous, entourez le du bras et posez ses pattes avant sur votre main. Ne le mettez pas sur le dos, un cobaye avec du liquide dans la bouche dans cette position pourrait s’étouffer.

Que faire si votre animal refuse de manger la pâte de convalescence?

Se poser les questions suivantes :

  • Est ce qu’il a mal ? Si un anti douleur a été prescrit, s’assurer de le donner environ 40 min. avant le repas à la seringue pour que le médicament soit opérant.

S’il persiste à ne rien manger et demeure prostré contactez votre vétérinaire.

  • A t-il soif? essayer de lui donner une seringue de tisane de foin. Un cochon d’inde qui a soif peut refuser la pâte de convalescence très pâteuse.

(ubi infra les signes de déshydratation du cochon d’inde)

  • Est il stressé? : Mettre à sa disposition dans son habitat une bouteille d’eau chaude entourée d’un tissu, lui proposer une peluche douce au retour de la clinique pour le rassurer, essayer de masser doucement ses mâchoires en cas de parage dentaire, ou lui masser le dos, peut aider à réduire les tensions musculaires de l’animal et le détendre avant la séance d’alimentation assistée.
  • Est ce que le mélange est trop pâteux ou s’écoule de façon fluide de la seringue ?
  • Est il fraichement préparé? Certains cochons d’inde difficiles refusent de manger la pâte si elle n’a pas été fraichement préparée (dans les 4h précédent la prise) la pâte change de goût/odeur après quelques heures. Il est donc recommandé de ne préparer qu’une petite quantité à chaque fois.
  • Ressent il votre stress? (dès qu’il perçoit un enjeu, l’animal a tendance à s’obstiner) : écouter de la musique, vous faire assister ou parler à l’animal doucement pendant la séance peut résoudre le problème.
  • Préfère-t’il manger sur votre doigt? essayez aussi.
  • Le refus est il dû au goût de la poudre de convalescence ? Essayer une autre poudre parmi celles proposées sur le marché.
  • S’il refuse encore, essayer la séance gourmande :

Séance gourmande: Même malade, le cochon d’inde a un sens du goût très développé.

Pour réactiver son appétit vous pouvez mélanger ou alterner la pâte de convalescence avec divers ingrédients disponibles en magasin bio au rayon des tisanes, ou au supermarché:

  • Feuilles de menthe, ortie (marque herbier de France, magasin bio ) flocons d’avoine nature (si perte de poids significative) coriandre feuilles (pas la graine), basilic et persil déshydraté, herbes aromatiques surgelées.

Utiliser un hachoir de type «valentin » pour fabriquer une pâte. Vous pouvez aussi préparer les poudres à l’avance et les combiner selon l’envie.

  • Compote de fruits au rayon bébé sans sucre ajouté.
  • Préparer de la tisane de foin, agrémentées de graines de fenouil ou d’un peu de thym ou de menthe et fabriquer la pâte avec.
  • Mixer ses légumes préférés, des herbes aromatiques et des granulés : mais dans le cas d’utilisation de légumes frais, jeter les restes après chaque séance.

Exemples de recettes :

  • coriandre en poudre + Critical Care® + persil + tisane de foin
  • banane mixée + flocon d’avoine nature + tisane de foin au thym.
  • Ortie+ flocons d’avoine + tisane de foin /graine de fenouil

Truc de propriétaire : préparer plusieurs ramequins avec de petites portions de purées odorantes et un ramequin de tisane de foin, et poser votre cochon d’inde au milieu.

Il ira vers le ramequin qui lui convient le mieux et vous pourrez lui en donner à la seringue sur demande. Cette option permet de conserver le caractère diversifié des repas dont votre cochon d’inde a l’habitude lorsqu’il est en bonne santé, et va stimuler les sens de l’animal.

Signes de déshydratation du cochon d’inde :

Un des signes les plus fréquents de la déshydratation chez le cobaye est la perte de poids. C’est pourquoi il est important de le peser quotidiennement.

Surveillez également l’aspect de son pelage et ses yeux : un cobaye déshydraté a le poil terne et piqué, et ses yeux sont beaucoup moins saillants et brillants que d’habitude.

Recette de la tisane de foin :

Faire bouillir de l’eau, ajouter une poignée de foin. Ajouter si l’on veut des graines de fenouil ou de la menthe fraiche ou déshydratée pour parfumer la tisane. Laisser infuser et refroidir. Donner à l’animal cette tisane à la seringue, ou l’utiliser pour fabriquer la pâte de convalescence. Refaire la tisane chaque jour.

Le kit d’alimentation assistée contient:

  • Des seringues de 1ml
  • 1 seringue de gavage pour recharger les seringues de 1ml ou à utiliser directement
  • Un bâtonnet
  • Un sachet de poudre de convalescence
  • Le guide

 

Démodécie chez les Staffs et le carlin : on en sait plus

Une grande étude suédoise comparant chiens sains et atteints de démodécie a permis chez le Staffordshire bullterrier d’isoler sur plusieurs chromosomes des gènes candidats à la prédisposition à la démodécie, mais aussi, grâce au suivi d’apporter des réponses à la pratique quotidienne de cette ectoparasitose chez le Staffordshire bullterrier , l’American Staffordshire terrier et le carlin :

  • le prurit est très fréquent (50% des cas)
  • la grande majorité des cas survient avant l’âge d’un an
  • mâle et femelles sont tout autant atteints
  • la castration des femelles ne limite pas le risque de rechute
  • temps de guérison très variable :
    • formes localisées : 1 à 17 mois (moyenne 5 mois)
    • formes généralisées 0,5 à 19 mois (moyenne 8 mois)

staff

Bergval, K. E., et al. (2016). Genetic and clinical evaluation of canine juvenile demodicosis. WCVD8, Bordeaux. 

Dermatite atopique au congrès mondial de dermatologie

Le 8e congrès mondial de dermatologie (WCVD8) a fermé ses portes il y a 10 jours. La DAC y tenait une place de choix, maladie vedette oblige. Vous trouverez des détails sur tous les communications sur le blog dermatiteatopiquecanine-over-blog.com durant tout le mois de juin, mais on peut déjà tirer un bilan des grandes tendances.

Le temps des « inib » et des « vetmab »

Après les inhibiteurs de Janus kinases (oclacitinib), de nouvelles molécules voient le jour, basées sur une approche différente. Les anticorps monoclonaux thérapeutiques (mab ou vetmab) arrivent enfin en médecine vétérinaire avec des essais d’anticorps ant-IL31, anti-IgE ou anti-NGF dans le traitement de la DAC. Ce n’est plus de la science-fiction : le lokivtemab (anti-IL31 caninisé) est désormais disponible aux Etats-Unis.

Branle-bas dans les allergènes majeurs

Alors que l’on considérait depuis de nombreuses années que les allergènes majeurs du chien sont différents de ceux de l’Homme (schématiquement Der f 1 et 2 pour l’Homme, Der f 15, 18 et Zen 1 pour le Chien), plusieurs études indépendantes remettent au gout du jour Der f 1 et Der f 2 chez le Chien, mais aussi Dermatophagoides pteronyssinus et Tyrophagus sp.

La désensibilisation reprend des couleurs

De nouveaux extraits allergéniques, des contrôles de qualité, de nouveaux adjuvants, de nouveaux protocoles, des études d’efficacité contrôlées. Nous reviendrons en détail sur ce foisonnement entre science et parfois folklore qui montre que loin d’être une approche désuète c’est aujourd’hui et des voies de développement thérapeutique les plus prometteuses.

Au pays du petfood

Pas d’affrontement entre les firmes productrices d’aliments hypoallergéniques à ce congrès, les deux principales ayant adopté des approches du marché assez différentes (hydrolyse poussée chez Royal Canin contre aliment à activité anti-inflammatoire aux indications plus larges chez Hill’s)

Le microbiote superstar

Les sondes destinées à analyser le microbiote bactérien, viral ou fongique sont utilisées à toutes les sauces, dans tous les trous, chez le chien comme chez le chat, mais les résultats obtenus ne font pour l’heure qu’enfoncer des portes ouvertes, sans offrir de réelles avancées thérapeutiques ou prophylactiques. L’étude de l’influence des divers traitements anti-inflammatoires ou antiseptique sur le microbiote est, elle, plus intéressante.

Finalement, les deux parents pauvres (dans le domaine de la DAC) auront été cette année la barrière cutanée et la génétique.

Freins de prescription de la ciclosporine

Freins Solutions
Idées reçues sur les effets secondaires Informer sur les données issues des essais cliniques et de la pharmacovigilance

http://dermatiteatopiquecanine.over-blog.com/2014/07/ne-pas-avoir-peur-de-la-ciclosporine.html

Troubles digestifs Adapter la prescription (assoc antiémétiques, dose croissante, administration en deux prises)
Coût Génériques
Effet lent Associer à l’oclacitinib ou aux corticoïdes
Méconnaissance, manque d’expérience Référer

Vaccination du Lapin

Contre quelles maladies vacciner?

Il existe deux maladies virales très dangereuses pour lesquelles il n’existe pas de traitement chez le lapin : la myxomatose (gonflement des paupières et maladie générale, régulièrement mortelle, évoluant sur trois à quatre semaines) et la VHD (hépatite virale mortelle foudroyante en 48 h).

Comment se transmettent-elles ?

La myxomatose peut se transmettre par contact direct avec un lapin malade, mais aussi par les insectes piqueurs (moustiques) et par du matériel ou un humain ayant touché un lapin contaminé.

La VHD se transmet par contact direct, par du matériel contaminé et également par les crottes de lapins atteints. Le virus est très résistant, puisqu’il peut rester actif jusqu’à 4 mois dans les crottes laissées par un lapin porteur.

Quels dangers pour un lapin de compagnie ?

Un lapin de compagnie ayant accès à un jardin risque d’être régulièrement exposé à ces virus.

Pour les lapins vivant à l’intérieur d’une maison ou d’un appartement, le risque de contamination est moindre mais n’est cependant pas négligeable, surtout depuis l’apparition du nouveau variant de la VHD en 2010. Depuis quelques élevages, il s’est répandu peu à peu dans les populations de lapins de garenne, jusqu’à toucher toutes les populations de lapins sauvages de France en 2015. Comme ce virus reste virulent dans les crottes des lapins contaminés pendant 4 mois, il est tout-à-fait possible de contaminer un lapin restant en appartement en achetant du foin souillé par des crottes de lapins sauvages ou en rapportant du fourrage.

Quels vaccins utiliser pour une protection efficace ?

C’est là que ça se complique, car aucun vaccin complet pour ces trois virus n’existe pour l’instant en une seule dose individuelle. En attendant, il faut jongler avec les vaccins disponibles.

Certains vaccins contre la myxomatose (dits hétérologues) ne sont que très peu protecteurs. Il est donc préférable d’utiliser les vaccins homologues (comme le Dermaximyxo SG 33) qui procurent une immunité efficace. Cette immunité n’est cependant conférée que pour une durée de 6 mois.

Le vaccin Nobivac RHD-Myxo, classiquement utilisé en doses individuelles pour les lapins de compagnie depuis quelques années, confère quant-à-lui une protection d’une année contre la myxomatose et le VHD ancien variant, mais ne protège pas contre le nouveau variant de la VHD.

Un nouveau vaccin (Filavac) protégeant contre les 2 variants du VHD est disponible en dose individuelle. Il offre une protection de 1 an contre l’ancien variant (le moins répandu) et une protection évaluée entre 6 mois et 1 an pour le nouveau variant (le plus dangereux). Il n’offre par contre aucune protection contre la myxomatose.

Pour avoir une protection efficace contre toutes ces maladies, il faut donc associer deux vaccins :

– Soit Filavac avec Dervaxymyxo (durées de protections résumées dans le tableau suivant) :

           Virus            Protection donnée par les vaccins Filavac/Dervaximyxo
Dervaximyxo SG 33        Filavac  

Myxo : 6 mois

VHD ancien : 1 an

VHD nouveau : 6 mois

 

Myxomatose Oui (6 mois)                Non
VHD ancien variant          Non Oui (1 an)
VHD nouveau variant          Non Oui (6 mois)
               Injections simultanées possibles car pas de double vaccination

– Soit Filavac avec Nobivac RHD-Myxo  (durées de protections résumées dans le tableau suivant) :

           Virus            Protection donnée par les vaccins Filavac /Myxo-RHD (Nobivac)
Myxo-RHD (Nobivac)        Filavac  

Myxo : 1 an

VHD ancien : 1 an

VHD nouveau : 6 mois

 

Myxomatose Oui ( 1 an)                Non
VHD ancien variant Oui (1 an) Oui (1 an)
VHD nouveau variant          Non Oui (6 mois)
Injections simultanées discutables car double vaccination contre le VHD ancien variant

Quand et comment vacciner ?

On vaccine en général à partir de l’âge de 5 semaines.

Comme aucune association de vaccins ne peut donner une protection de 1 an, il est indispensable de vacciner un lapin qui a accès à l’extérieur (et est donc très exposé aux virus) tous les 6 mois.

On peut se contenter de ne vacciner qu’une fois par an contre la VHD et la myxomatose un lapin qui vit strictement à l’intérieur pourvu qu’on le fasse au printemps. De cette façon, on aura une protection de 6 mois qui durera jusqu’à l’automne. C’est suffisant pour la myxomatose, car les insectes piqueurs sont surtout présents en été, et suffisant pour la VHD, car le foin est récolté en début d’été et que le virus ne peut pas survivre plus de 4 mois dans du foin contaminé.

Apoquel : Une Révolution ?

Soyons clairs : oui !

La mise à disposition (enfin) de l’oclacitinib dans tout l’héxagone va littéralement révolutionner la dermatologie canine. Il donne même à la dermatologie vétérinaire une longueur d’avance spectaculaire sur la dermatologie humaine dans le contrôle des dermatites prurigineuses.

En effet, ce médicament par sa puissante activité anti-prurigineuse (en quelques heures), permet de ne plus utiliser des corticoïdes systémiques pour contrôler de nombreuses dermatites prurigineuses, dont les dermatites allergiques.

Les points positifs sont très nombreux :

  • Amélioration presque immédiate de la qualité de vie du chien et de ses propriétaires ;
  • Possibilité de contrôler des infections avec des antibiothérapies plus courtes, voire avec les seuls soins locaux ;
  • Possibilité, dans des conditions de confort jamais connues, de suivre régimes hypoallergéniques et autres évictions allergéniques en attendant qu’elles soient efficaces ;
  • Possibilité de faire des tests allergologiques (tests cutanés) chez un animal en cours de traitement.

Mais attention, ce n’est qu’un traitement symptomatique. On contrôle le prurit (et encore, pas toujours ou pas toujours complètement), mais on ne traite, ni ne contrôle la cause de la maladie. D’autre part, certaines dermatoses prurigineuses sont des contre-indications de la prescription d’oclacitinib.

Enfin, l’oclacitinib ne permet pas d’éviter des rechutes liées à des infcomplicections bactériennes ou fongiques (très fréquentes, photo) ou des infestations parasitaires.

Les points négatifs de son usage sont donc les suivants :

  • Pas de prescription avant l’âge d’un an ;
  • Risque d’automédication sans diagnostic précis ;
  • Risque de démotivation tant des propriétaires que des vétérinaires sur la recherche de la cause de prurit (parasites, infections, troubles de cornéogenèse, allergies, néoplasies…) ;
  • Risque de démotivation sur le suivi des mesures diététiques et hygiéniques nécessaires au traitement au long cours de la DAC ;
  • Risque de médicalisations au long cours inutiles ;
  • Défaut de contrôle des inflammations chroniques compliquant une DAC : otites externes, furonculoses interdigitées…
  • Coût.

Utilisons donc ce médicament pour ce qu’il apporte, notamment en terme de confort, mais ne tombons pas dans un excès d’optimisme en imaginant guérir des chiens atteints de dermatite atopique avec de l’oclacitinib.

Suivi de Désensibilisation (protocole monodose)

A PROPOS DU PROTOCOLE MONODOSE

Le protocole de désensibilisation que nous utilisons est un protocole simplifié, sans phase d’attaque. On injecte dès le premier jour la dose d’entretien[1].

Cette simplification du protocole rend la prescription et le suivi plus simples et améliore très significativement l’observance.

On peut associer à ce protocole l’administration quotidienne de cétirizine (1-2 mg/kg/j) pour les raisons suivantes :

  • limite les risques de réaction lors des injections de désensibilisation
  • améliore parfois sensiblement l’état des animaux
  • est utilisée en médecine humaine comme traitement adjuvant de la désensibilisation pour en augmenter l’efficacité.

On peut associer à ce traitement de fond tous les traitements symptomatiques imaginables (corticoïdes, ciclosporine, oclacitinib…).

EFFICACITE

L’efficacité de la désensibilisation n’est pas spectaculaire

Parmi les facteurs pronostics favorable :

  • pas de corticothérapie associée
  • traitement de plusieurs années
  • désensibilisation monoallergènes .

REACTIONS SYNDROMIQUES

On nomme réaction syndromique toute aggravation ou rechute des symptômes suivant une injection de désensibilisation.

Il s’agit dans la grande majorité des cas d’une réapparition ou d’une aggravation des symptômes : prurit, érythème. On peut traiter cette phase par une courte corticothérapie (3 jours). Si les symptômes réapparaissent à chaque injection, on peut soit diminuer les doses (0.5 au lieu de 0.8 ml), soit proposer une désensibilisation accélérée sur une journée (nous contacter).

S’il apparaît une réaction de type urticaire ou angioedème, interrompre la désensibilisation et nous contacter.

REACTIONS LOCALES

Parfois, une réaction indurée plus ou moins chaude et douloureuse apparaît au site d’injection dans les 24-72 heures. Une telle réaction peut être due à une injection intradermique. Il faut donc s’assurer du bon déroulement des injections. Chez les chiens de petite taille (<5 kg), de telles réactions sont fréquentes et dues au volume trop important d’adjuvant. C’est pourquoi nous prescrivons le plus souvent une injection mensuelle d’un volume de 0,5 ml.

QUE FAIRE LORS DES VISITES DE SUIVI ?

  • Vérifier que le traitement APE est correctement fait (mensuel)
  • Vérifier que les soins locaux sont faits correctement et ne provoquent pas d’irritation ou de dermatite de contact
  • Examen clinique complet, sans oublier les oreilles, les espaces interdigités, les lèvres et la région anale
  • Examen cytologique des zones lésées

RECHUTE DE LA DERMATITE ATOPIQUE

La dermatite atopique est typiquement une maladie qui évolue par poussées. Comme la désensibilisation est un traitement dont les effets ne sont souvent patents qu’après 6 à 9 mois, il est fréquent qu’un animal soit présenté en cours de traitement pour des crises plus ou moins importantes de dermatite atopique. Le traitement d’une poussée passe d’abord par le traitement des surinfections, puis une courte corticothérapie ou le recours à l’oclacitinib si nécessaire

Une absence d’amélioration est normale durant les 6 premiers mois de traitement. Toutefois, il ne faut pas confondre une absence d’amélioration avec une poussée de dermatite atopique.

AMELIORATION PUIS RECHUTE

Une amélioration pendant quelques mois, suivie d’une rechute est très fréquente. Il ne s’agit pas d’une nouvelle allergie, mais d’une nouvelle poussée que l’on doit traiter comme telle (contrôle des infections, puis du prurit). Une telle rechute ne remet pas en cause la désensibilisation.

QUE FAIRE APRES UN AN DE TRAITEMENT ?

Quelque soit le résultat il ne faut pas hésiter à continuer. En effet les résultats sont meilleurs après 3 ans de traitement !

Toutefois, si le propriétaire juge le traitement inefficace, on peut arrêter la désensibilisation.

Si l’animal présente des rechutes très espacées ou des lésions moins étendues ou moins graves, ou s’il est guéri, il faut continuer le traitement à vie avec une injection tous les 1 à 2 mois.

[1] Monodose allergen-specific immunotherapy for treatment of canine atopic dermatitis: preliminary safety study, N. COCHET-FAIVRE and P. PRELAUD, 22nd Annual Congress of the ESVD-ECVD,2007, Mainz, Germany

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