Urgences à Advetia

Les urgences sont assurées 24h/24, 7j/7  pour les carnivores domestiques et les NAC par une équipe dédiée de cinq vétérinaires diplômés.

Ils sont joignables en journée, la nuit, le week-end et les jours fériés au numéro habituel de la cliniqueTél: 01 44 73 80 73

Une fois la consultation d’urgence effectuée, en fonction de la gravité de la situation, l’animal est hospitalisé à la clinique et éventuellement pris en charge par le service spécialisé ad hoc ou bien est ré-adressé pour un suivi éventuel.

Pour référer une urgence à ADVETIA : contacter notre secrétariat et remplir une feuille de liaison disponible sur notre site : http://www.advetia.fr/images/pdf/Feuille_de_liaison_formulaire2016.pdf

Alopécie des robes diluées

Par les Drs Prélaud dip ECVD, Cochet-Faicre dip ECVD et Briand resident ECVD

 

L’alopécie des robes diluées (ARD) est une dysplasie folliculaire, surtout observée chez les animaux de couleur bleue (Staffie, Chihuahua, Whippet, Yorkshire…), mais aussi dans d’autres couleurs.

L’étiopathogénie demeure encore mal comprise. L’une des hypothèses la plus plausible semble être un trouble primitif du fonctionnement du follicule pileux, comme le suggèrent les lésions folliculaires (atrophie, diminution de l’activité folliculaire, follicules pileux en phase télogène). Les lésions dysplasiques de certaines tiges pilaires (formes anormales) sont dues à la présence de vacuoles de grande taille irrégulières contenant des mélanosomes.

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Les symptômes débutent généralement entre 4 mois et 3 ans. Ils se caractérisent par une hypotrichose progressive puis une alopécie extensive des zones diluées, principalement du tronc. La tête (sauf le haut du crâne) et les membres sont souvent épargnés ou concernés très tardivement. Les zones feu ne sont jamais atteintes.

Des troubles de la cornéogenèse (squames, comédons) sont fréquents. Une pyodermite secondaire peut être à l’origine d’un prurit associé.

Le diagnostic est basé sur l’anamnèse, la localisation et l’aspect des lésions, l’examen de poils et, en cas de doute, la réalisation de biopsies cutanées. Le principal diagnostic différentiel est celui d’une démodécie et ce d’autant plus qu’il s’agit, dans la grande majorité, de races qui y sont prédisposées.

L’examen microscopique des poils provenant des zones alopéciques montre des lésions pilaires typiques : présence de très nombreux amas (agrégats) de mélanine, le plus souvent de grande taille et de forme irrégulière dans le cortex et la médulla des poils, associés à des déformations du poil (dysplasies pilaires) et des fractures de la cuticule.

Les biopsies cutanées se font dans les zones les plus atteintes.

Il n’existe pas de traitement spécifique. Les troubles de la cornéogenèse sont contrôlés en administrant des acides gras essentiels et en utilisant des shampooings kératomodulateurs une fois par semaine, associés à des sprays ou des mousses émollientes

La mélatonine permet d’obtenir une repousse partielle des poils dans 50% des cas

Les poils étant fragilisés, il est important de prévenir toute dermatite prurigineuse en effectuant un traitement antiparasitaire externe rigoureux pérannuel.

Drs Pascal Prélaud et Noëlle Cochet-Faivre, spécialistes en dermatologie vétérinaire, dip ECVD

Prise en charge raisonnée des otites chroniques chez le Chat

Par les Drs Prélaud dip ECVD et Hennet dip AVDC et EVDC

Chez le chat les principales causes d’otite chronique sont radicalement différentes de celles du chien :

  • Bouchons cérumineux proximaux
  • Polypes
  • Tumeur de l’OE ou de l’OM
  • Otite moyenne sécrétoire ou suppurée

Par conséquent, le recours à l’imagerie est presque systématique.

Matériel nécessaire

Scanner (ou IRM) : indispensable au diagnostic des otites moyennes

Otoendoscope : indispensable pour les intervention sur les tumeurs, polypes, tympan et oreille moyenne

Pinces endoscopiques à biopsie, pinces rongeur pour l’exérèse des polypes

Sondes urinaires de petit calibre pour la myringotomie

Microscope, lames, colorants

Approches thérapeutiques

Polype auriculaire

  1. Examen de la cavité buccale
  2. Examen tomodensitométrique (identification de l’atteinte de l’oreille moyenne
  3. Extraction par traction, de préférence transtympanique (taux récidive identique à la bullotomie ventrale)
  4. Examen cytologique du contenu de la bulle tympanique, antibiogramme
  5. Antibiothérapie adaptée aux résultats des examens cytologiques et bactériologiques

Tumeur intracanalaire

  1. Examen tomodensitométrique : permet un bilan d’extension locale (atteinte des structures osseuses, extension de la masse, atteinte ganglionnaire)
  2. Biopsie (exérèse) de la masse, examen cytologique par apposition, examen histologique de la pièce d’exérèse
  3. Cytoponction du nœud lymphatique satellite
  4. Examen cytologique du contenu de la bulle tympanique, antibiogramme
  5. Antibiothérapie adaptée aux résultats des examens cytologiques et bactériologiques
  6. En fonction des résultats de l’examen histopathologique : exérèse large (TECALBO) avec ou sans radiothérapie associée.

Otite moyenne sécrétoire ou suppurée

  1. Examen tomodensitométrique
  2. Paracentèse (pas trop large pour permettre une cicatrisation)
  3. Examens cytologiques et bactériologiques du contenu de la bulle
  4. Irrigation de la bulle avec ou sans effraction du septum osseux
  5. Antibiothérapie adaptée aux résultats de l’antibiogramme et courte corticothérapie.

Bouchons cérumineux

  1. Prescription de produits céruménolytiques deux fois par semaine
  2. En cas d’échec extraction sous AG par guidage endoscopique

 

Surdité

Par les Drs Ginrs dip ECVN et Papageorgiou résidente ECVN

Les causes de surdité ou d’hypoacousie sont variables, mais les principales sont :

  • une obstruction de l’oreille externe ou moyenne lors d’otite externe ou moyenne ou du développement de polypes ou de tumeurs ;
  • des défauts d’origine génétique dans certains races à robe prédominante blanche (dalmatien, bull terrier chez le chien…)
  • la sénescence.

Le seul moyen objectif pour savoir si un chien, un chat ou un furet est sourd ou entend mal est d’effectuer des examens appelés potentiels évoqués auditifs (PEA).

Cet examen s’effectue sous anesthésie et consiste à apprécier différents potentiels électriques provoqués par des sons. On peut ainsi savoir l’intensité de la surdité et sa localisation (problème d’obstruction ou neurologique par exemple).

Toxémie de Gestation chez la Lapine

Par les Drs Quinton dip ECZM, Guillon et Curros

Elle apparaît généralement dans la dernière semaine de gestation, quand la lapine commence à s’arracher les poils du ventre pour construire son nid. Les fœtus se développent considérablement pendant les derniers 15 jours de la gestation et une diminution de l’apport calorique, un stress ou une maldigestion associée aux poils ingérés sont des facteurs pouvant induire cette affection. Les lapines obèses sont prédisposées.

La femelle devient léthargique, anorexique et présente souvent une incoordination motrice. L’avortement est possible. L’acidose métabolique se traduit par une acidification de l’urine, qui devient très claire car tous les cristaux de carbonate de calcium normalement présents sont dissous. Convulsions et coma précèdent la mort.

Le pronostic est sombre. Le traitement est en général illusoire. Il faut traiter le choc, réchauffer, administrer des fluides IV. Une biochimie permet d’identifier une éventuelle hypoglycémie et/ou hypocalcémie et de les traiter : administration de glucose et de gluconate de calcium à 10 % (environ 5 ml pour un animal de 2 kg). La pose d’une sonde nasogastrique permet la mise en place d’une alimentation assistée.

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Effet rebond de l’oclacitinib ?

Par les Drs Prélaud et Cochet Faivre spécialistes en dermatologie et le Dr Briand, résident ECVD

Lorsque l’on utilise l’oclacitinib, il existe, lors de l’espacement des prises, une reprise des symptômes chez un grand nombre d’animaux, ce qui est normal. Toutefois, certains praticiens sur les réseaux sociaux ou lors de conversations évoquent la possibilité d’un effet rebond : le prurit serait plus grave après l’arrêt des prises d’oclacitinib qu’il ne l’était auparavant (jamais démontré dans aucune étude clinique). Ceci ne doit pas être confondu avec la rechute de la maladie ou une aggravation des symptômes due à une infection associée.
Afin d’explorer la possibilité d’un réel effet rebond, une équipe a étudié l’effet de cet inhibiteur de Janus-kinase sur un modèle de dermatite de contact chez la souris (1).
Ils ont observé un effet rebond en utilisant dans ce modèle l’oclacitinib à 45 mg/kg/j (100 fois la dose utilisée chez le chien) sur 7 jours et en arrêtant le traitement brutalement. Le prurit, après cet arrêt, est plus élevé qu’avant le traitement.
Il est impossible d’extrapoler ces résultats au chien, bien que les auteurs de cette étude soient très tentés. En effet, le modèle expérimental (dermatite de contact induite par des produits irritants), l’espèce (souris) et la dose (très élevée), sont très éloignés de la DAC spontanée et de l’utilisation de l’oclacitinib à 0,5 mg/kg.
Il n’en demeure pas moins qu’il faut rester vigilant et mentionner auprès de l’ANSES tous les effets indésirables d’un médicament aussi nouveau. Les études de pharmacovigilance valent mieux que toutes les phobies amplifiées par le net ou la méconnaissance de l’utilisation du médicament.

1.    Fukuyama T, Ganchingco JR, Baumer W. Demonstration of rebound phenomenon following abrupt withdrawal of the JAK1 inhibitor oclacitinib. Eur J Pharmacol. 2016;794:20-6.

Kystes Prostatiques

Par les Drs Quinton dip ECZM, Guillon, Curros

Une métaplasie squameuse du tissu prostatique (le plus souvent consécutif à une maladie surrénalienne) entraine une augmentation de volume de la prostate et la présence de kystes paraprostatiques pouvant conduire à une obstruction urétrale. Une surinfection peut induire une pyurie majorant les symptômes.

Il faut lever l’obstruction en posant une sonde urinaire.

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Cette manœuvre est délicate car le diamètre urétral est petit et le trajet de l’urètre suit une courbure pelvienne très accentuée qu’il est difficile de passer. On utilise par exemple un cathéter urétral de 1,0 ou 1,3 mm de diamètre. La cathétérisation urinaire est pratiquée sur les furets en décubitus dorsal. Le prépuce est rétracté pour mettre en évidence l’os pénien en forme de crochet. L’ouverture urétrale est située au niveau de la courbure externe de l’os pénien. Une lubrification préalable de la sonde avec un gel anesthésiant en facilite le passage. Une irrigation rétrograde peut aider à la dilatation de l’urètre. Il est souvent utile d’aider la sonde à se courber avec les doigts lors du passage délicat de l’angle pelvien. Une suture du cathéter à l’aide d’ailettes de scotch à proximité du prépuce permet de le maintenir en place. En cas d’échec, une cystocentèse permet un soulagement temporaire.

Une fois l’obstruction levée, on identifie la cause primaire : si une radiographie est en général suffisante pour identifier une lithiase urinaire, une échographie abdominale est nécessaire en cas de blocage prostatique pour vérifier l’hypothèse d’une maladie surrénalienne et identifier la présence d’éventuels kystes paraprostatiques.

Le traitement doit viser à une diminution la plus rapide possible de la taille de la prostate. La pose d’un implant de desloréline, souvent utilisé pour traiter en première intention cette maladie chez le furet, n’est dans ce cas pas indiquée car le délai de résolution des symptômes après son administration est d’environ une dizaine de jours. Un autre analogue de la GnRH utilisé en médecine humaine, l’acétate de leuproréline, administré en IM à la dose de 250 μg/kg, présente l’avantage d’une action plus rapide, puisqu’il permet une diminution de taille du tissu prostatique dans les 12 à 48 heures. Le principal obstacle à son utilisation est son coût élevé. La solution la plus adaptée dans ce cas est sans doute l’ablation chirurgicale de la surrénale atteinte, car outre son intérêt curatif de la maladie surrénalienne, elle permet une diminution de taille de la prostate en 24 à 48 heures. Cette intervention peut être associée à une omentalisation des kystes prostatiques si nécessaire.

Alopécie en patron

Par les Drs Prélaud dip ECVD, Cochet-Faicre dip ECVD et Briand resident ECVD

L’alopécie en patron est une dermatose fréquente dans certaines races, comme te teckel ou le Chihuahua, mais aussi d’autres moins connues comme le shar-peï. Elle est très probablement génétique.
Deux syndromes sont décrits (1, 2). Dans le premier, les premiers signes apparaissent vers l’âge de 6 – 9 mois et se caractérisent par une alopécie bilatérale de la face externe des pavillons auriculaires, puis progressivement apparaît une hyperpigmentation. Dans le second, de loin le plus fréquent, on observe une alopécie de la face ventrale du cou, de la base des pavillons auriculaires, de la région sternale, l’abdomen et de la face postérieure des cuisses.

Elle débute vers l’âge de 6 mois et progresse graduellement durant l’année suivante, mais demeure localisée à ces zones.
L’âge et la localisation de l’alopécie, sans anomalie pilaire ni cutanée, sont suffisants en routine pour poser un diagnostic d’alopécie en patron. Toutefois, si le diagnostic différentiel est problématique ou si le propriétaire de l’animal exige un examen complémentaire pour asseoir ce diagnostic, des biopsies cutanées des zones atteintes (et non atteintes) sont indiquées. L’examen histopathologique des biopsies lésionnelles se caractérise par une miniaturisation des follicules pileux : les follicules sont courts, fins, avec des petits bulbes et une production de tiges pilaires très fines. Les glandes sébacées et l’épiderme sont normaux.
Le pronostic est réservé, mais les conséquences de cette alopécie sont purement cosmétiques. Il n’existe aucun traitement spécifique.  La mélatonine donne des résultats inconstants, le plus souvent décevants (3).

Drs Pascal Prélaud et Noëlle Cochet-Faivre spécialistes en dermatologie, dip ECV, Dr Amaury Briand, résident ECVD

1.    Paradis M. Alopécies acquises chez le chien. Le Médecin Vétérinaire du Québec. 2000;30(2):102-7.
2.    Miller Jr WH, Griffin CE, Campbell KL. Muller & Kirl's Small Animal Dermatology. 7th ed. St Louis: Elsevier; 2013.
3.    Paradis M. Melatonin in the treatment of canine pattern baldness. In: Kwochka KW, Willemse T, von Tscharner C, editors. Advances in Veterinary Dermatology, volume 3. Oxford: Butterworth-Heinemann; 1998. p. 511-2.

Toxémie de Gestation chez le Furet

Par les Drs Quinton dip ECZM, Guillon, Curros

Cette affection, au pronostic très réservé, intervient surtout chez les jeunes primipares, dans les 10 derniers jours de la gestation. L’inadéquation de couverture des besoins énergétiques (ration inadaptée, jeûne d’une nuit, taille très importante de la portée), entraîne une altération du métabolisme énergétique, provoquant lipidose hépatique, cétose et hypoglycémie.

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Elle se manifeste par une altération brutale de l’état général et une importante déshydratation. Les modifications hématologiques et biochimiques généralement associées sont : anémie, hypo protéinémie, urémie, hypocalcémie, élévation des enzymes hépatiques et hypocalcémie.

Le traitement doit être énergique : césarienne, fluidothérapie, soins intensifs et alimentation assistée. Penser à administrer des gastro-protecteurs car les ulcères digestifs sont fréquemment associés. Si la femelle survit, elle ne produit en général pas de lait. L’alimentation assistée des furetons étant très délicate, car la composition du lait de la mère varie beaucoup en fonction du stade de la croissance, l’adoption par une autre mère allaitante est la solution préférable.

Grading des mastocytomes par cytologie ?

Peut-on obtenir une approche du grading d’un mastocytome cutané canin par examen cytologique ? Il est de coutume de dire que non, aucune étude n’ayant été faite en ce sens. Toutefois, avec un gros effort et beaucoup d’expérience, c’est peut être possible. Il faut compter un millier de cellules en tenant compte du nombre de mitoses, de cellules multinucléées, de noyaux anormaux et de la caryomégaile.

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La corrélation entre examen cytologique et histologique pour le grading de Kiupel est bonne dans une étude récente, mais il existe un risque de sous-évaluation des hauts grades à l’examen cytologique. D’autre part, il s’agit ici de colorations MGG et non du RAL555 que nous utilisons en routine et qui ne permet pas d’obtenir d’aussi bonnes définitions des noyaux. La cytologie reste donc à sa place (diagnostic rapide sans grading) et ne remplace pas l’examen histologique des pièces d’exérèse.

Scarpa, F., et al. (2016). "Cytological grading of canine cutaneous mast cell tumours." Vet Comp Oncol 14(3): 245-251.
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